Taxe foncière :
ce qui attend les propriétaires en 2026
Les impôts locaux ont fortement augmenté depuis 2023, en particulier la taxe foncière, au grand dam des propriétaires immobiliers. Depuis la suppression de la taxe d’habitation, la taxe foncière a servi de « soupape de sécurité » pour les finances des collectivités locales.
L’envoi des avis d’imposition aux contribuables devrait débuter dans les prochaines semaines. A quoi faut-il s’attendre ? La hausse devrait encore être au rendez-vous, avec un rythme toutefois plus sage.
En effet, la revalorisation nationale des bases cadastrales devrait être légèrement inférieure à 1% cette année avec la diminution de l’inflation. Toutefois, la facture finale pour les propriétaires dépendra aussi des choix des édiles locaux. Décryptage des principaux changements à connaître avant de recevoir son avis de taxe foncière.
Retour au calme sur le front de la revalorisation des bases cadastrales
Les trois dernières années ont été assez éprouvantes pour les finances des propriétaires immobiliers.
Ainsi, en 2023, la taxe foncière avait connu une hausse historique de 7,1 %. Cette ardoise salée était la conséquence directe de la forte inflation observée en France. L’année suivante, la majoration des bases cadastrales avait conduit à une augmentation supplémentaire de 3,9 %. En 2025, la hausse avait été plus modérée avec 1,7 %.
Pour 2026, la hausse devrait être beaucoup plus mesurée avec une revalorisation de 0,8 %.
La facture pour les propriétaires est intimement liée à la santé des finances publiques locales
La hausse annuelle des bases cadastrales n’est qu’un des deux paramètres entrant dans le calcul de la taxe foncière.
Le second est lié à la situation financière et aux choix politiques des collectivités locales : chaque commune, intercommunalité ou département peut décider d’augmenter, de, maintenir, voire de diminuer (oui cela arrive !) ses propres taux d’imposition.
Ainsi, en fonction de leur adresse, deux logements similaires peuvent voir leur taxe foncière suivre des trajectoires très différenciées.
Pour les propriétaires, il est donc important de suivre les décisions votées localement au cours de l’année.
Le cabinet FSL publie chaque année une étude relative aux taux d’imposition votés par l’ensemble des villes de plus de 40 000 habitants et leurs groupements à fiscalité propre.
En 2025 les villes de plus de 100 000 habitants avaient maintenu à l’identique leurs taux de taxe foncière. Certaines villes de plus de 40 000 habitants ont même diminué leurs taux (La Roche-sur-Yon, Carcassonne).
En 2026, seules onze communes de plus de 40 000 habitants ont augmenté leur taux. Parmi elles, Aulnay-sous-Bois, Montrouge, Fréjus, Clamart avec des ajustements supérieurs à 15% quand même !
A Marseille, le taux global est de 44,54 % inchangé depuis la dernière hausse (+ 5,47 points / 14% !) de 2022.
Les cas de réduction ou d’exonération
Tous les propriétaires immobiliers ne sont pas égaux face à la taxe foncière.
Sous certaines conditions de ressources, plusieurs dispositifs permettent de bénéficier :
- d’une exonération totale,
- d’un plafonnement,
- ou d’un dégrèvement.
Ces mesures concernent notamment les personnes âgées de plus de 75 ans, les titulaires de l’Allocation de solidarité aux personnes âgées (ASPA), de l’Allocation supplémentaire d’invalidité (ASI) ou de l’Allocation aux adultes handicapés (AAH). Les propriétaires d’un bien neuf de moins de deux ans sont exonérés.
Les plafonds de revenus sont régulièrement revalorisés afin de tenir compte de l’évolution du coût de la vie. Il est donc utile de vérifier chaque année son éligibilité.
Le site demarchesadminstratives.fr est très complet et mérite d’y passer du temps.
Certaines collectivités accordent des exonérations temporaires à l’occasion de travaux de rénovation énergétique ou pour certains logements neufs. Elles dépendent de la date d’achèvement du logement (logement ancien achevé avant le 1er janvier 1989 ou logement neuf achevé après le 1er janvier 2009). Les propriétaires concernés doivent formuler leur demande auprès de leur mairie.
Les avis de taxe foncières peuvent parfois être erronés
Dans certains cas, des erreurs se glissent dans les avis de taxe foncière. Elles proviennent de surfaces déclarées incorrectes, ou de descriptions du logement erronées. Ces erreurs peuvent avoir un impact sur le montant de l’impôt.
Le contribuable doit se rapprocher de son centre des impôts en motivant sa demande de rectification.
Ce qu’il faut retenir
Après plusieurs années de hausse soutenue, la taxe foncière devrait connaître une évolution plus modérée en 2026.
Il n’existe cependant pas une taxe foncière unique, mais des milliers de configurations différentes selon les territoires.
Même s’il est impossible en pratique d’échapper à cet impôt, de nombreuses situations offrent des opportunités pour alléger la facture.
Les propriétaires ont donc tout intérêt à se tenir informés des décisions fiscales de leur commune, leur éligibilité à d’éventuelles exonérations et les caractéristiques cadastrales de leur bien.
Enfin, les propriétaires bailleurs peuvent déduire de leurs revenus fonciers le montant de la taxe. Cette déduction vient réduire la base des revenus fonciers imposables et in fine le montant de leur impôt sur le revenu. C’est une maigre consolation mais elle a le mérite d’exister.