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En septembre 2026, l’inflation a atteint 3,4 %.
Faut-il s’en inquiéter ?

L’inflation en France semble reprendre de la vigueur. Selon la dernière estimation de l’institut national de la statistique et des études économiques (Insee), sur un an, en septembre, l’indice des prix à la consommation harmonisé (IPCH) a augmenté de 3,4 %, contre 2,6 % au mois d’août.

Quant à lui, l’indice des prix à la consommation (IPC) qui sert de référence pour l’indexation de certaines prestations, a progressé de 3% après 2,4 % en août.

Cette accélération s’explique notamment par le regain des prix de l’énergie. En septembre, ces derniers ont augmenté de 21,7 % en un an, après 16,7 % en août.

Cette évolution est-elle durable ? Présente-t-elle des risques supplémentaires pour l’économie française ?

Éléments de réponse.

En septembre 2026, l’inflation a atteint 3,4 %. Faut-il s’en inquiéter ?
Image par Alexandra_Koch de Pixabay

Un cumul d’inflation important depuis 2020

Après des années 2022 et 2023 difficiles, le ralentissement de l’inflation observé en 2024 et 2025 avait laissé penser que nous retournerions vers le rythme tendanciel des vingt dernières années. Il n’en est rien avec les chiffres d’août et de septembre.

Taux d’inflation annuel selon l’INSEE

Année 2020 2021 2022 2023 2024 2025
Taux d’inflation
0,2 %
1,6 %
5,2 %
4,9 %
2%
0,9 %

Les commentaires sur l’évolution à court terme de l’inflation sont parfois trompeurs. En particulier, un ralentissement d’une hausse ne signifie pas sa baisse ! Pour mesurer les effets réels de l’inflation sur le pouvoir d’achat, il faut prendre un peu de recul et analyser sa dérive sur plusieurs années.

Entre 2020 et 2025, Ainsi, le niveau général des prix a augmenté de près de 15 % en cumulé. Le même « panier » de biens et services d’une valeur de 100 euros en 2020 coûtait 115 euros fin 2025. 

Les ménages ne sont pas égaux face aux effets de l’inflation. Ainsi, une étude de l’Insee de 2023 a montré qu’à consommation inchangée, l’inflation observée entre 2022 et 2023 a entraîné une dépense annuelle supplémentaire de 1230 euros par personne. Cette dépense a représenté 7,1 % du revenu des 10% les plus modestes et 3,1 % du revenus des 10 % les plus riches.

Les dépenses alimentaires, de logement et de transports ont représenté à elles seules les deux tiers des surcoûts subis.

Le rebond des prix de l’énergie

En septembre 2026, ce sont les prix de l’énergie qui ont réveillé l’inflation. Les soubresauts de la guerre en Iran et plus généralement les tensions géopolitiques favorisent le maintien durable de prix élevés pour le pétrole et le gaz. En outre, la France n’a pas de prise sur le mécanisme de fixation de leur prix. Elle est donc fragilisée par cette inflation importée.

La poussée de septembre sera-t-elle durable ? Personne ne peut aujourd’hui le dire. Sans retombée durable des tensions internationales, il est difficile d’imaginer une baisse des prix de l’énergie à court et moyen terme…

La Banque centrale européenne surveille l’inflation « comme le lait comme le feu ». En effet, l’inflation touche tous les pays de la zone euro. Les taux ont déjà été relevés le 10 septembre. Les marchés anticipent une nouvelle hausse le 29 octobre.

Quelles conséquences pour le pouvoir d’achat et le patrimoine ?

Pour les ménages, une inflation supérieure à la hausse des revenus perçus signifie une perte réelle de pouvoir d’achat. L’inflation ne touche pas uniquement les salaires mais l’ensemble des revenus (loyers, épargne, investissements). 

Actuellement, le livret A rémunère ses détenteurs à 1,7 % net. Avec 3,4 % d’inflation, les épargnants perdent du pouvoir d’achat sur ce placement. 

Cette analyse s’applique aussi aux fonds euros des contrats d’assurance-vie et d’épargne retraite. Selon l’ACPR, en 2025, les fonds euros ont rapporté aux épargnants 2,63 %. Une remontée durable de l’inflation pourrait affecter le pouvoir d’achat de cette épargne.

Concernant l’immobilier les effets de l’inflation sont plus contrastés.

Pour les propriétaires bailleurs, la plupart des contrats de location prévoient une clause de révision annuelle des loyers basée sur l’évolution de l’indice de référence des loyers (IRL), indice qui est calé sur l’inflation hors tabac. Le même mécanisme d’indexation s’applique aux baux commerciaux et tertiaires.

En revanche, lorsque l’inflation se traduit par une hausse concomitante des taux de crédit immobiliers, les prix peuvent baisser. Le dernier Baromètre Seloger – Meilleurs Agents note que « si les taux de crédit se maintiennent durablement à un niveau élevé, les ménages devront soit mobiliser davantage d’apport, soit revoir à la baisse la surface ou la localisation de leur projet. Un autre mécanisme peut également permettre au marché d’absorber cette nouvelle contrainte : l’ajustement des prix. Là où la demande ne peut plus suivre les prétentions des vendeurs, la hausse du coût du crédit immobilier pourrait exercer une nouvelle pression à la baisse des prix ».

Ainsi, contrairement à une conviction bien ancrée, l’immobilier ne protège pas systématiquement les propriétaires de l’inflation…

Quel impact sur les finances publiques ?

Comme l’ensemble des acteurs économiques, l’État est concerné par l’inflation. 

Elle peut avoir des effets favorables sur certaines recettes fiscales, par exemple la TVA.

En revanche, de nombreuses dépenses augmentent mécaniquement lorsqu’elles sont indexées sur le niveau des prix, par exemple les retraites et les prestations sociales.

Le projet de budget 2027 tendrait vers une désindexation partielle ou totale d’une partie de ces dépenses, c’est-à-dire in fine en faire diminuer le poids financier en terme réel. Au vu des tensions déjà palpables avant même les discussions budgétaires, on peut clairement affirmer que l’inflation n’est pas un simple indicateur économique, mais qu’elle constitue un véritable thermomètre de la société.