Avec la hausse des taux d’intérêt,
le crédit immobilier va-t-il caler
en cette rentrée 2026 ?
Au cœur de cet été caniculaire, la température est aussi montée sur les marchés financiers. Depuis plusieurs semaines, les taux d’intérêt ont fortement augmenté dans le monde et en France. Notre pays emprunte désormais à plus de 4 % sur 10 ans, un niveau qui n’avait pas été observé depuis très longtemps.
Au-delà des effets directs sur les finances publiques, cette hausse va toucher le marché du crédit immobilier. Pour l’instant, les dernières statistiques de l’Observatoire Crédit Logement ne montrent pas encore d’envolée des taux de crédit. Cependant, la dynamique du marché du crédit immobilier s’est déjà essoufflée depuis plusieurs mois.
Sur les marchés financiers, les conditions financières se durcissent fortement pour la France
Source : Investing.com
Les causes de la hausse des taux d’intérêt ne sont pas spécifiques à la France. La tendance est observée partout, même dans les pays les plus vertueux. Les investissements massifs dans l’IA, les déficits américains, les prix toujours élevés du pétrole rendent les opérateurs de marchés assez nerveux. Le scénario redouté de la stagflation (combinant inflation et faible croissance économique) semble se diffuser dans l’économie mondiale.
Face à ce contexte plutôt morose, notre pays voit sa situation relative se dégrader par rapport à ses voisins européens. L’incapacité à juguler les déficits et l’envolée de la dette sont de plus en plus scrutées par les marchés et à ce jeu, nous en payons déjà le prix fort. La France emprunte aujourd’hui plus cher que la Grèce, l’Espagne ou le Portugal.
Les taux de crédit immobilier sont-ils en passe de prendre à nouveau l’ascenseur ?
Le cycle de hausse des taux d’intérêt entamé par la Banque centrale européenne entre 2022 et 2023 (de 0 % à 4,5 %) s’était déjà traduite par une forte remontée hausse des taux de crédit immobilier accordées aux ménages.
En juillet 2026, avec un taux moyen de 3,3 % toutes durées confondues, les taux de crédit sont largement supérieurs aux niveaux exceptionnellement bas de la période 2019-2021.
Les prix immobiliers ont déjà corrigé dans de nombreuses villes depuis deux ans, mais ils restent élevés au regard des capacités actuelles d’emprunt des ménages.
Ces derniers ont été contraints d’augmenter leur apport personnel et d’allonger la durée de leur crédit. Les primo-accédants ont été les plus touchés par cette évolution.
Une reprise bientôt tuée dans l’œuf ?
Entre 2022 et 2024, la hausse brutale des taux d’intérêt avait donné un coup d’arrêt au dynamisme du marché immobilier. Avec des coûts d’emprunt multipliés par trois sur la période, le ralentissement des transactions trouvait une explication simple.
La baisse observée à partir du début de l’année 2024 a joué comme un effet de balancier salutaire et a redonné de l’oxygène au marché.
Le contexte actuel n’est évidemment pas favorable pour les mois à venir.
Les dernières statistiques de l’Observatoire Crédit Logement viennent confirmer le retournement récent du marché du crédit que l’on peut dater du mois d’avril.
Le marché immobilier est à nouveau entré dans une phase de fort attentisme dans laquelle la concrétisation des projets est plus complexe à faire aboutir.
Cette évolution rappelle que le crédit constitue le reflet de la confiance des ménages dans l’avenir et dans leur capacité à réaliser un projet immobilier.